Page 8 - Eglise Notre Dame de Salvagnac
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SALVAGNAC



                                        Eglise Notre Dame de SALVAGNAC
                                                 Trésor d’Art Sacré


                                            LA CROIX DE PROCESSION


               Faite d’argent, de cuivre et de bois, cette croix date de 1514 et provient de l’église de Saint Pierre.
               Fabriquée à Toulouse, elle mesure 95 cm de hauteur et 55 cm de largeur.

               Cette croix processionnelle est bien connue des historiens de l’art et elle constitue un des trésors de
               l’orfèvrerie religieuse du département du Tarn. Victor Allègre la décrit ainsi en 1954 :
               « Elle se compose de tiges de bois recouvertes de lames d’argent doré, sauf pour la partie inférieure de
               la hampe qui est en cuivre avec, au-dessus de la douille, une sphère aplatie et ciselée d’une frise de
               fleurons  entre  deux  rangs  d’oves  allongées.  Les  quatre  extrémités  de  la  croix  proprement  dite  sont
               formées  d’espèces  de  fleurs  de  lys  stylisées  aux  fines  arabesques  et  précédées  par  des  quadrilobes
               renfermant une petite scène religieuse.
               Au centre de la croix se détachent au recto et au verso, sur un panneau carré, les deux personnages
               principaux : le Christ et Saint Pierre.
               Au-dessus  du  Christ  figure  un  blason  à  la  face  ondée  accompagné  de  trois  étoiles  et  d’une  lettre
               gothique. Ce sont probablement les armes du donateur.
               Malgré toute la finesse du décor, ce sont les personnages qui font de cette croix un chef-d’œuvre et
               particulièrement  le  visage  du  Christ.  Si  le  corps  musclé,  vigoureux  et  souple  du  crucifié  est  d’une
               précision  étonnante,  que  dire  de  ce  visage  où,  malgré  les  dimensions  infimes,  on  peut  distinguer
               jusqu’aux poils de la barbe ondulée.
               Dans les quatre médaillons qui l’entourent, on reconnait, de part et d’autre du Christ : la Vierge (dont
               les  voiles  plissés  constituent  un  travail  remarquable)  et  Saint  Jean ;  au  médaillon  supérieur,  l’aigle
               symbolique tenant un phylactère avec l’inscription « S. Johannes », et à la partie inférieure de la hampe,
               un  Christ  squelettique  sortant  du  sépulcre.  Au  verso,  Saint  Pierre,  hiératique  a  sn  ses  habits
               sacerdotaux, n’est pas moins étudié : ainsi la tiare, la barbe, etc. Il porte un long bâton épiscopal tordu
               sur  son  corps  et  la  grosse  clé  traditionnelle ;  il  s’enveloppe  d’un  grand  manteau  relevé  sur  le  bras
               gauche selon un procédé caractéristique de l’école dijonnaise du XVème siècle. Dans les médaillons qui
               l’entourent, on reconnaît outre les animaux  symboliques portant sur phylactères les noms des trois
               évangélistes : « S. Marcus, S. Lucanus, S. Meteus », une scène non moins symbolique placée au-dessus de
               l’apôtre : le pélican, ailes déployées et bec ouvert, prêt à se frapper la poitrine, tandis qu’au-dessous,
               dans leur nid, ses trois petits dressent la tête vers lui en battant des ailes ».
               L’étude  des  poinçons  permet  de  dater  l’œuvre  de  l’année  1514  grâce  au  poinçon  de  jurande
               composé de la lettre A. On peut lire également le poinçon de la ville de Toulouse, un T et un O en
               lettres gothiques, surmontées d’une ébauche de fleur de lys. Cette œuvre est attribuée à Jacques
               Allègre, doyen d’une famille d’argentiers toulousains au XVIème siècle.







               Document édité par l’association Culture et Tourisme en Pays Salvagnacois
                      Les Sourigous –81630 Salvagnac - Tél. 05 63 33 57 84
                                    Edition : Avril 2012
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