Page 5 - Microsoft Word - Histoire de Salvagnac maj juin 2012
P. 5

SALVAGNAC



                                        Eglise Notre Dame de SALVAGNAC
                                                 Trésor d’Art Sacré


                                            LA CROIX DE PROCESSION


               Faite d’argent, de cuivre et de bois, cette croix date de 1514 et provient de l’église de Saint Pierre.
               Fabriquée à Toulouse, elle mesure 95 cm de hauteur et 55 cm de largeur.

               Cette croix processionnelle est bien connue des historiens de l’art et elle constitue un des trésors de
               l’orfèvrerie religieuse du département du Tarn. Victor Allègre la décrit ainsi en 1954 :
               « Elle se compose de tiges de bois recouvertes de lames d’argent doré, sauf pour la partie inférieure de
               la hampe qui est en cuivre avec, au-dessus de la douille, une sphère aplatie et ciselée d’une frise de
               fleurons entre deux rangs d’oves allongées. Les quatre extrémités de la croix proprement dite sont
               formées d’espèces de leurs de lys stylisées aux fines arabesques et précédées par des quadrilobes
               renfermant une petite scène religieuse.
               Au centre de la croix se détachent au recto et au verso, sur un panneau carré, les deux personnages
               principaux : le Christ et Saint Pierre.
               Au-dessus du Christ figure un blason à la face ondée accompagné de trois étoiles et d’une lettre
               gothique. Ce sont probablement les armes du donateur.
               Malgré toute la finesse du décor, ce sont les personnages qui font de cette croix un chef-d’œuvre et
               particulièrement le visage du Christ. Si le corps musclé, vigoureux et souple du crucifié est d’une
               précision étonnant, que dire de ce visage où, malgré les dimensions infimes, on peut distinguer
               jusqu’aux poils de la barbe ondulée.
               Dans les quatre médaillons qui l’entourent, on reconnait, de part et d’autre du Christ : la Vierge (dont
               les voiles plissés constituent un travail remarquable) et Saint Jean ; au médaillon supérieur, l’aigle
               symbolique tenant un phylactère avec l’inscription « S. Johannes », et à la partie inférieure de la hampe,
               un Christ squelettique sortant du sépulcre. Au verso, Saint Pierre, hiératique a sn ses habits
               sacerdotaux, n’est pas moins étudié : ainsi la tiare, la barbe, etc. Il porte un long bâton épiscopal tordu
               sur son corps et la grosse clé traditionnelle ; il s’enveloppe d’un grand manteau relevé sur le bras
               gauche selon un procédé caractéristique de l’école dijonnaise du XVème siècle. Dans les médaillons qui
               l’entourent, on reconnaît outre les animaux symboliques portant sur phylactères les noms des rois
               évangélistes : « S. Marcus, S. Lucanus, S. Meteus », une scène non moins symbolique placée au-dessus de
               l’apôtre : le pélican, ailes déployées et bec ouvert, prêt à se frapper la poitrine, tandis qu’au-dessous,
               dans leur nid, ses trois petits dressent la tête vers lui en battant des ailes ».
               L’étude des poinçons permet de dater l’œuvre de l’année 1514 grâce au poinçon de jurande
               composé de la lettre A. On peut lire également le poinçon de la ville de Toulouse, un T et un O en
               lettres gothiques, surmontées d’une ébauche de fleur de lys. Cette œuvre est attribuée à Jacques
               Allègre, doyen d’une famille d’argentiers toulousains au XVIème siècle.







               Document édité par l’association Culture et Tourisme en Pays Salvagnacois
                      Les Sourigous –81630 Salvagnac - Tél. 05 63 33 57 84
                                    Edition : Avril 2012
   1   2   3   4   5   6   7   8   9