Page 1 - Microsoft Word - Histoire de Salvagnac maj juin 2012
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Une brève histoire
                                                           de

                                                     Salvagnac
                                                           par
                                                      Jean Lauzeral






                              Quatre épisodes du passé de cette ancienne « ville forte »



        Origine et influence romaine
        Dans sa monographie du canton de Salvagnac publiée en 1866, Elie Rossignol, historien régional, écrit que le
        Tescou qui coule au bas de Salvagnac a pour origine le nom du peuple gaulois qui vivait dans cette région : le
        peuple des « Tasconis ». Cette affirmation est aujourd’hui remise en cause.
        En revanche, il est quasiment certain que le nom de Salvagnac a pour origine le nom d’un personnage romain
        « Silvanus » dérivé de « Sivanus ». Alfred Caraven-Cachin, homme de lettres, mais aussi archéologue, qui a vécu à
        Salvagnac de 1883 à 1903 a fait de nombreuses découvertes qui permettent de confirmer une influence romaine à
        Salvagnac et ses alentours.
        Il a mis à jour des débris de poteries, de tuiles et de briques, mais aussi des monnaies romaines à Beauvais sur
        Tescou, Montdurausse, Montgaillard et Saint-Gérard dans la commune de Lisle sur Tarn.

        Fief des Comtes de Toulouse
        Raimond III Pons Comte de Toulouse meurt en 950 et c’est sa veuve Garsinde qui administrera ses biens. Garsinde
        fera, avant sa mort, de nombreuses donations consignées dans un codicille (testament) rédigé vers 972-974. Par
        cet acte elle donne son domaine de Salvagnac « villam meam quem vocant Selvaniaco » à Frotaire, évêque de
        Cahors. Au décès de celui-ci, le domaine reviendra à l’abbaye Saint-Michel de Gaillac. Ce document laisse supposer
        que dés le Xe siècle, le fief de Salvagnac appartenait à la maison de Toulouse.
        En 1209, Raimond VI donne à son frère Baudoin une part de l’héritage qu’il avait reçu de Raimond V son père, à
        savoir la vicomté de Bruniquel et la seigneurie de Salvagnac ; ce qui explique qu’au printemps 1211, Baudoin ayant
        pactisé avec Simon de Montfort, Salvagnac passe sous l’autorité de ce dernier qui avait engagé une campagne pour
        s’emparer des fiefs des Comtes de Toulouse situés sur la rive droite du Tarn. A la fin de l’été 1211, Baudoin est
        chassé de Salvagnac et Raimond VI récupère son fief.
        Par la suite, Raimond VI fait en 1220 des donations aux Bénédictins de Saint-Michel de Gaillac qui fondent un
        prieuré simple à Salvagnac, très certainement pour surveiller les domaines qu’ils y possédaient.
        Enfin, le 4 Décembre 1224, Raimond VII vient dans le château de Salvagnac pour conclure le mariage de son frère
        naturel Bertrand avec Comtoresse, fille de Mainfroi de Rabastens. Et ce même jour, il fait donation à Bertrand des
        Vicomtés de Bruniquel et de Monclar ainsi que de la Seigneurie de Salvagnac. Ses terres vont demeurer dans la
        descendance de Bertrand jusqu’en 1629, année de la mort d’Anne de Monclar dont le fils Louis avait été tué en
        1622 au siège de Tonneins. On peut donc admettre que Salvagnac a appartenu à la maison de Toulouse pendant
        plus de six siècles.


        Guerres de religions : siège et destruction de la ville forte
        Il est admis que dès 1568, Antoine de Monclar, vicomte de Monclar et baron de Salvagnac se convertit et devient un
        des chefs des Réformés. Il meurt en 1572. Son fils Jean Antoine revient à la religion catholique après le massacre de
        la Saint-Barthélemy en août 1572, mais les Ligueurs doutèrent de sa conversion. En août 1585, les Religionnaires
        occupent Salvagnac, ils y demeureront jusqu’à la fin du siège l’année suivante. En novembre 1586, l’amiral de
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